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Le Cœur révélateur

Tu sais que la dame de cœur
Sera toujours ta meilleure carte.

"Desperado", Eagles (1973)

Nous voici arrivés au dernier chapitre de cette exploration thématique de la boucle matricielle — nullement exhaustive, tant s'en faut. À une dizaine de jours de la fête préférée des Archontes, nous sommes invités à ralentir pour écouter vraiment et protéger notre énergie en imposant des limites saines. C'est en quelque sorte le message de la Dame de cœur, archétype de l'intuition féminine et de la connexion à l'énergie créatrice, ce mois-ci.

Raison et sentiments

Comme vous le savez certainement, de façon unique, chacune des figures des jeux de cartes français porte un nom, inscrit dans un coin, dont l'origine et la signification seraient, selon Wikipédia, « incertaines ». La Dame de cœur y est donc appelée Judith, probablement en référence à la figure biblique éponyme qui se rend dans le camp ennemi d'Israël pour séduire et décapiter le général des armées et ramener sa tête comme trophée.

On est à mille lieues de la douceur et de la bienveillance féminines censées être les attributs de cette carte, mais en adéquation parfaite avec le personnage de la Reine rouge dans Alice aux Pays des Merveilles (baptisée Iracebeth dans l'adaptation cinématographique de Tim Burton), figure hystérique castratrice dont le leitmotiv est, justement, de couper les têtes.

© Cristofano Allori

La Reine avait une seule méthode pour résoudre toutes les difficultés, petites ou grosses.

— Qu'on lui coupe la tête ! dit-elle sans même lever les yeux.

Alice au Pays des merveilles, Lewis Carroll (1869)

Certainement, la Reine de cœur a ses raisons que sa propre raison ignore. Ses « qu’on lui coupe la tête » intempestifs sont des cris du cœur (l'âme) déconnecté de son cavalier (l'Esprit) qui réagit uniquement aux stimuli émotionnels injectés par la matrice, sans discernement, et finit par perdre la tête au sens littéral du terme. Elle devient ainsi une harpie tyrannique, caricature cruelle et inversée du principe féminin sophianique tant haï par son pseudo créateur.

Le Rouge et le Noir

Rouge passion versus noir raison : les deux couleurs dans le grand jeu démiurgique se répondent comme deux polarités positive et négative. Le rouge, ce sont les émotions (le loosh), mais surtout le sang (les mémoires). Le noir, c'est la mort, l'absence de lumière (information), autrement dit, la coupure avec l'Esprit.

En astrologie, le rouge s'apparente à Mars (l'élan, l'impulsion) et le noir à Saturne (le frein, l'inertie). En cartomancie et en tarologie, les enseignes rouges représentent la densité émotionnelle (eau/cœur/coupe) et matérielle (terre/carreau/denier) tandis que les noires incarnent les plans mentaux (air/pique/épée) et spirituels (feu/trèfle/bâton), les illusions de pouvoir et d'élévation.

La fausse alchimie de la matrice consiste justement à faire croire à un équilibre entre ces deux pôles. En réalité, elle dresse l'un contre l'autre : l'émotion contre la raison, la matière contre l'esprit, le cœur contre la tête. Et au centre de ce duel chromatique, le cœur — à la fois enjeu, instrument et champ de bataille.

L'Arrache-cœur

Sous ses dehors lumineux, le cœur est l’un des symboles les plus ambivalents de la matrice. Il incarne à la fois la chaleur, la vie, la compassion — et le canal privilégié par lequel transitent les courants émotionnels qui alimentent le système. Le cœur est une interface : un centre de résonance, de mémoires et de manipulation.

On nous a appris à l’idéaliser, à en faire le trône de nos vertus, le siège de l’âme ou la porte du divin. Mais cette imagerie dissimule un mécanisme bien plus subtil : celui de la captation. Car tout ce qui émeut, bouleverse ou attendrit, tout ce qui fait vibrer « le cœur », produit une onde émotionnelle exploitable.

J'ai connu l'amour et c'était divin,
Mais j'ai vite compris que je perdais la tête.
Ça semblait réel, mais j'étais tellement aveugle.

"Heart of Glass", Blondie (1978)

Derrière les représentations les plus religieuses — le cœur flamboyant, transpercé ou couronné d’épines — se cache le même procédé d’enchaînement : assujettir l’humain par l’émotion, le convaincre que souffrir pour aimer est noble, puis extraire l’énergie de sa dévotion et de son sacrifice consenti.

Ainsi, l’injonction à « ouvrir son cœur » n’a rien d’innocent. Dans un monde inversé, ces invitations deviennent des protocoles de consentement énergétique : ouvrir le cœur (l'âme, la mémoire), c’est aussi ouvrir la porte à tout ce qui souhaite s’y infiltrer. Les entités du plan astral (ou leurs relais humains) ne peuvent rien sans cet accord implicite. Leur art de la prédation repose sur la séduction, la pitié, la compassion : toutes ces émotions dont le cœur est le siège, et qu’ils savent si bien imiter.

Sous couvert de bienveillance, la spiritualité moderne entretient cette ouverture béate : elle fait croire à une expansion de conscience, quand il ne s’agit que d’une dissolution du discernement. Le cœur, alors, n’est plus un centre de vie, mais un point d’accès.

Le véritable travail n’est pas d’ouvrir, mais de poser les conditions d’un respect mutuel — celui qui reconnaît sans s’asservir, qui perçoit sans se laisser siphonner.

Le Château des nuages

Le cœur fissure, le miroir se fend : les illusions se reflètent dans les vitraux du château matriciel. Depuis toujours, on nous promet des royaumes —  extérieurs, spectaculaires — pour mieux nous détourner du seul trône qui vaille : celui de la conscience incarnée. Car chaque conte, chaque légende, chaque rêve de couronne repose sur le même sortilège : faire croire que la souveraineté se conquiert à l’extérieur, alors qu’elle ne se retrouve qu’en dedans.

Je ne suis qu'une fissure dans ce château de verre.
Il n'y a quasiment rien d'autre qu'il me faille être.

"Castle of Glass", Linkin Park (2012)

Les contes de fées ne sont pas de simples histoires pour enfants : ce sont des manuels d’enchantement inversé. On y apprend que la souveraineté se mérite par l’amour, la souffrance ou la vertu, qu’il faut « gagner sa couronne » en se pliant à des épreuves initiatiques dont le scénario est toujours le même : renoncer à soi pour être reconnu. Autant de programmes d’asservissement subtilement enrobés de morale.

Le château, symbole de sécurité et d’accomplissement, n’est souvent qu’une forteresse de verre — un ego spirituel déguisé en royaume intérieur. Derrière ses remparts, ce n’est pas la paix mais la peur qui veille : peur de perdre, peur d’être seul, peur de n’être rien sans les reflets du monde. La Reine rouge règne toujours, sous des visages plus modernes : influence, validation, réputation. On continue d’offrir nos têtes pour un trône illusoire.

Les fées, quant à elles, distribuent leurs bénédictions conditionnelles : beauté, talent, charisme, intuition, renommée. Mais dans les contes comme dans la matrice, rien n’est offert sans contrepartie. Tout « don » appelle un dû. La prétendue magie de la lumière blanche n’est bien souvent qu’un contrat énergétique masqué, une chaîne invisible qu’on signe de son propre consentement.

Le Retour du Roi

La vraie souveraineté, elle, ne se conquiert ni ne se reçoit. Elle se retrouve dans le silence qui précède tout choix, dans la lucidité qui tranche les faux pactes, dans la verticalité qui rend toute autorité extérieure obsolète. Être souverain, ce n’est pas régner sur les autres, c’est ne plus servir aucun royaume étranger.

Je suis souveraine,
Je brise mes chaînes,
Loin de la matrice
Et de son monde factice.

"Âme mnésique", la Pensine Mutine (2025)

La souveraineté n’est pas un titre ni une couronne : c’est un état de lucidité tranquille, celui d’un cœur pacifié par l’esprit, qui n’a plus besoin d’être ouvert pour rayonner.

Quand le centre retrouve sa loi, le jeu s’effondre de lui-même. Et le dernier travail, enfin, n’en est plus un : c’est le retour à soi.

© La Pensine Mutine. Tous droits réservés. Reproduction interdite.

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La chasse aux sorcières

Les justes se lèvent, les yeux brûlants
De haine et de malveillance.
Des fous nourris de peur et de mensonges
Pour frapper, brûler et tuer.

"Witch Hunt", Rush (1981)

Voici revenu le temps des citrouilles qui fut autrefois celui des navets — et désormais l'apanage des mauvais scénarios et des couards. À l'image du 10 de pique en cartomancie ou de son équivalent au tarot illustré d'un personnage gisant face contre terre, le dos transpercé de dix épées, octobre est un mois sombre, souvent porteur d'un sentiment d'angoisse et d'appréhension. Connu occultement sous le nom d'octobre rouge, mois de la récolte, du sang versé, de l'immobilisme et de la perte de contrôle, il se termine par des mascarades où l'on joue à se faire peur en se grimant en monstres, fantômes ou sorcières pour se rassurer. Mais le nombre 10 est aussi un symbole de transition, comme un pont entre deux mondes puisque la mort, au sens vrai, n'est qu'un transfert d'un état à un autre. Dans l'oracle Lenormand, le 10 de pique est d'ailleurs associé au vaisseau qui s'éloigne vers des rivages inconnus que l'on pourrait presque assimiler à la barque de Charon1.

Les sorcières mal-aimées

Le mythe des sorcières est à l'image de la profondeur abyssale de l'ignorance humaine, des religions hypocrites et des psychopathes qu'elles encensent. Comme l'a écrit l'historien Michel Pastoureau, « les sorcières ne sont pas l’affaire du Moyen Âge mais de l’époque moderne. » En effet, la haine envers le principe féminin ne date pas d'hier, mais semble atteindre de nouveaux paroxysmes aujourd'hui. Il suffit, pour s'en rendre compte, d'observer les dérives de plus en plus violentes de la propagande transgenriste ou de l'obscurantisme religieux poussé à l'extrême qui tente de s'imposer dans les civilisations occidentales. 

Contrairement aux histoires que l'on raconte, ce n'est pas à l'époque médiévale qu'a été commis le plus grand nombre de crimes contre les « sorcières » mais à la Renaissance. Les femmes considérées comme telles étaient en majorité des guérisseuses, des sages-femmes ou des herboristes, issue de la classe populaire et détentrices d'un savoir ancestral qui concurrençait le credo humaniste reposant sur la science et la connaissance (et non le savoir). Leur pratique fut donc qualifiée de « magique » pour permettre l'ouverture de la chasse aux sorcières.

Les « sorcières » ne dérangeaient pas les hommes en tant qu’individus, mais le système archontique qui utilisait les institutions (Église, justice, médecine officielle) pour éliminer ce qui échappait à son contrôle.

On leur reprochait ainsi d'en savoir trop et bien plus que les institutions en place. Leur connaissance des cycles lunaires et des correspondances naturelles leur permettait, en outre, de sortir des formes imposées et toucher à l'archi-structure du « vivant ». C'est pourquoi on les accusait de se transformer ou de métamorphoser les autres, reflet déformé de leur aptitude vibratoire à briser les formes, à fluidifier ce que la matrice veut figer — autrement dit, elles démontraient que la matière est énergie et que toute énergie est malléable. 

Ce regard malicieux et aguicheur
Qui met ma conscience à nu,
C'est de la sorcellerie.
Et je n'ai aucun moyen de m'en défendre,
La chaleur est trop intense pour cela.
À quoi servirait le bon sens en tel cas ?

"Witchcraft", Frank Sinatra (1957)

À mille lieues de l'archétype de la vieille femme repoussante flanquée d'une verrue sur le nez, les « sorcières » étaient coupables de leur indépendance et du désir qu'elles suscitaient chez les hommes. Il s'agit certainement là du plus grand non-dit car il perdure encore dans certaines religions. Beaucoup de procès de sorcières furent, en effet, nourris de fantasmes masculins inavouables. Comme les hommes ne maîtrisaient pas leurs pulsions, on projetait la faute sur la femme : « tentatrice » ou « alliée du diable ». La faiblesse cherchant toujours à blâmer, la dissonance cognitive était par trop insupportable pour le sexe dit « fort ». Au grand bénéfice de la clique archontique manipulant les émotions humaines.

Enfin, en tant qu'archétype du principe féminin insoumis (à l'image de Lilith, la première femme d'Adam, accusée d'avoir tenté Eve en prenant la forme d'un serpent), les sorcières rappelaient que l'incarnation dans la chair ne peut se faire sans ce principe fondamental.  Dans un monde régi par un dieu patriarcal jaloux, cette puissance est insupportable, car irréductible.

Quand l'Âme agit sans l'Esprit

Et c’est bien là que le piège se referme : tout ce qui échappait au contrôle institutionnel fut requalifié en « magie ». Mais qu’est-ce que la magie, sinon l’« Âme qui agit » ? Une force qui manipule les formes, mais sans passer par l’Esprit. Or, une âme qui agit sans esprit finit toujours par s’enchaîner elle-même : ce qu’elle attire par ignorance, elle devra tôt ou tard le payer.

En français, le mot sorcier (ou sorcière) vient du latin sortiarius, « diseur de sorts » dérivé de sors, le sort ou le destin. La magie est donc une énergie codée et le sort, une intention exprimée qui peut être brisée instantanément par une fréquence supramentale (d'où l'importance de toujours vibrer haut). Le non-consentement produira un effet boomerang qui non seulement rendra inopérant tout acte de magie, mais cette énergie devra trouver une cible et ce seront ceux qui l'auront émise qui écoperont. Le sort rebondira ainsi en triple intensité vers ses auteurs.

Revêts-toi d'ombre
File à travers les ondes
À la rencontre de la fierté et de la vérité
Le danger est une grande joie
L'obscurité brille de l'intensité d'un feu

"Witches' Song", Marianne Faithfull (1979)

À noter que la magie, qu'elle soit noire ou blanche, demeure la même puisque c'est là encore une affaire de polarités interchangeables. La polarisation est, d'ailleurs, un piège pernicieux qu'il faut impérativement s'appliquer à dépasser. Ainsi prier pour autrui est une forme de magie, peu importe la louabilité de l'intention. D'où l'adage bien connu mais mal compris : « l'enfer est pavé de bonnes intentions ». 

En outre, le terme sort, en français2, n'est pas sans rappeler le verbe sortir. La sorcière est celle qui sort des cadres et brise les cercles. Sous sa forme intransitive, elle s'extrait du lot, de la norme, des boucles matricielles ; sous sa forme transitive, elle expose ce qui est occulté : le savoir, les secrets, les forces invisibles.

Des friandises ou un sort 

Mais « sortir », c’est parfois aussi « déballer ». Car la Matrice adore nous offrir ses papillotes scintillantes, promesses de douceurs et de réconfort. Comme dans les Dragées surprise de Bertie Crochue, on prend un risque à chaque bouchée : 

— Fais attention avec ça, dit Ron. On peut vraiment avoir des surprises en mangeant ces trucs-là. Il y a toutes sortes de parfums. Si tu as de la chance, tu peux avoir chocolat, menthe ou orange, mais parfois, on tombe sur épinards ou foie et tripes. George dit qu'un jour il en a eu un au sang de gobelin.

Harry Potter à l'école des sorciers, J.K. Rowling (1997)

Voilà bien l’image de la Matrice : un emballage séduisant, mais un goût aléatoire — et plus souvent immonde que délicieux.

Et dans le genre friandises piégées, les pervers narcissiques sont de véritables maîtres confiseurs. Extérieurement, ils se parent de papiers brillants et chatoyants. Mais à l’intérieur, ce n’est pas du chocolat : c’est de la matière déjà digérée, recyclée et reconditionnée. On pourrait croire que l'odeur finit par trahir l'emballage, mais malheureusement, ils réussissent toujours à convaincre leur entourage que ce n’est pas eux qui sentent mauvais, mais leur victime sur laquelle ils s'acharnent jusqu’à la faire craquer.

Ces papillotes humaines ne sont pas que des individus dysfonctionnels : ils servent bien souvent de relais aux sous-êtres archontiques. Leur rôle ? Déclencher la réaction émotionnelle de l’autre pour ensuite inverser les rôles. Ils provoquent, harcèlent, manipulent, jusqu’à ce que la victime s’effondre. Alors, ils pointent le doigt : « Voyez, le monstre, c’est elle ». Et tant que personne n’ose déballer la papillote, le stratagème continue.

Ce qui est en haut comme ce qui est en bas

Car des papillotes humaines aux confiseries archontiques, le principe reste identique : les « grands de ce monde », apprentis sorciers de la magie noire et de l’illusion, emballent toujours leur poison dans les papiers chatoyants du « progrès », de la « morale » ou de « l’inclusivité ». Les friandises changent, mais le goût amer du politiquement correct demeure aussi infect que l’humainement abject.

Ces élites, relais consentants de la matrice, occupent les sièges du pouvoir pour mieux inverser les rôles : hypnotiser les foules, projeter leur culpabilité sur ceux qui échappent à leur contrôle, et désigner des coupables à brûler — hier sur les bûchers, aujourd’hui par la culture de l’annulation, les purges politiques ou médiatiques.

Et que l’on ne s’y trompe pas : les chasses aux sorcières ne sont pas un souvenir poussiéreux des âges sombres. En Afrique (et ailleurs), des femmes et des enfants sont encore torturés et tués sous prétexte de sorcellerie, comme en témoignent les rapports d’Amnesty International3.

Quand je regarde par ma fenêtre,
Il y a tant de choses à voir.
Et quand je regarde à l'intérieur,
Il y a tant de personnalités différentes à adopter.
C'est étrange, tellement étrange :
Il faut reprendre chaque point d'assemblage.
Ce doit être la saison des sorcières.

"Season of the Witch", Donovan (1966)

Les archontes recyclent éternellement les mêmes scénarios, non pas pour que les âmes prisonnières apprennent — à quoi bon quand on efface et manipule les mémoires ? —  mais pour entretenir la boucle qui les nourrit.

Notes et références

  1. ^  Dans la mythologie grecque, Charon est le nocher (le passeur) des Enfers. Il est le fils d'Érèbe (l'Obscurité) et de Nyx (la Nuit). Sur les marais de l'Achéron, il faisait traverser le Styx avec sa barque, contre une obole, aux âmes des morts ayant reçu une sépulture, d'où la coutume de placer une obole sous la langue du mort avant son enterrement. Ceux qui ne pouvaient payer, faute d'avoir été enterrés convenablement, devaient errer sur les bords du fleuve Styx pendant cent ans.
  2. ^ Chaque langue possède une fréquence spécifique qui va bien au-delà des mots. Le français se classe parmi les langues initiatiques. Historiquement, il était et reste encore utilisé dans les hautes loges occultes, notamment en raison de sa structure riche et précise, qui permet une codification complexe des idées et des rituels. 
  3. ^ Accusée d’être une sorcière, Akua Denteh, 90 ans, a été lynchée et battue à mort dans les rues de Mempeasem en juillet 2020. Dans certaines régions d’Afrique, les sorcières font peur et sont pourchassées. Selon Amnesty International en Gambie, plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées et placées en détention. Ces personnes sont torturées et forcées à boire une boisson hallucinogène les contraignant à avouer leur sorcellerie. 

© La Pensine Mutine. Tous droits réservés. Reproduction interdite.

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Jours de gloire

J'avais un ami, c'était un grand joueur de baseball.
Quand on était au lycée,
Il pouvait te lancer une de ces balles rapides
À te faire passer pour un con.

"Glory Days", Bruce Springsteen (1982)

Empreinte carbone oblige, je reste au pays de l'oncle Charley (feu mon grand-oncle), mon colt et mon chapeau de cowgirl troqués contre une batte et une casquette de baseball et hop, me voilà sur le marbre, fin prête à tenter un home run. Un sacré défi, je vous l'accorde, mais c'est justement ce que suggère le 7 de carreau, ce mois-ci — qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler le terrain en losange et les sept défenseurs (en sus du lanceur et du receveur) de l'équipe adverse. Une carte qui encourage surtout à prendre du recul et regarder au-delà des apparences. Parfois, ce qui semble être un problème est, en réalité, une chance déguisée. Et si c’était l’occasion de faire un saut quantique ?

Les As de base

Présent dans le paysage américain depuis près de deux siècles, le baseball est plus qu'un simple sport : c'est une institution profondément ancrée dans la culture et l'histoire du pays. C'est même le passe-temps favori des Américains, une tradition transmise de génération en génération. Bien que, depuis les années 60, le football (américain) ait largement pris l'ascendant pour le titre symbolique de sport national.

Pour ma part, je vous avouerais que mon expérience se limite à la lecture de La Petite Fille qui aimait Tom Gordon de Stephen King, où une gamine égarée dans les bois survit à toutes les terreurs qui l'envahissent en écoutant des retransmissions de matchs de baseball sur son walkman (ancêtre du MP3). Ou bien à cette scène culte du film Twilight, sur fond de "Supermassive Blackhole" de Muse, dans laquelle les vampires se livrent à une partie de baseball en plein orage.

Un deuxième coup de tonnerre ébranla le ciel. Esmé s’arrêta. Visiblement, nous étions parvenues au bout de leur terrain de jeu. Les autres paraissaient avoir formé leurs équipes. Edward était positionné très loin, sur le champ gauche, Carlisle se trouvait entre la première et la deuxième base, et Alice s’était approprié la balle, à un endroit qui devait tenir lieu de monticule du lanceur. Emmett brandissait une batte en aluminium qui sifflait presque imperceptiblement dans l’air. J’attendais qu’il eût rejoint le marbre quand je réalisai qu’il y était déjà, bien plus loin du lanceur que les règles traditionnelles ne le stipulent. Jasper se tenait à plusieurs mètres derrière lui, jouant le receveur pour l’équipe adverse. Bien sûr, nul n’avait de gants.
— Très bien, lança Esmé d’une voix claire que même Edward devait percevoir. En jeu !
Alice se redressa, immobile. Tenant la balle à deux mains, à hauteur de sa taille, elle semblait préférer la ruse au rentre-dedans intimidant. Soudain, tel un cobra qui frappe, son bras droit jaillit, et la balle alla frapper la main de Jasper.
— C’est un strike, ça ? chuchotai-je à Esmé.
— Quand le batteur n’arrive pas à frapper, oui.

Fascination, Stephenie Meyer (2005)

Du coup, je suis allée creuser un peu pour tenter d'en comprendre les rudiments, nettement plus compliqués que ceux de ce que les Américains appellent soccer (football chez nous). Si déjà vous êtes perdus avec les règles du foot, attendez de voir celles du baseball !

Le jeu des quatre coins

Deux équipes de neuf joueurs s’affrontent. L’une attaque (elle envoie un de ses joueurs frapper), l’autre défend (elle lance la balle et tente d’éliminer les batteurs).

Le lanceur (défenseur) envoie une balle. Le batteur (attaquant) essaie de l'intercepter en la frappant avec une batte. 

S’il réussit, il court vers la première base, puis les suivantes, espérant revenir à son point de départ — appelé le marbre — pour marquer un point. Pendant ce temps, l’équipe en défense tente de récupérer la balle et de le faire éliminer en la lançant à une base avant lui ou en le touchant avec.

Les batteurs se relaient un par un, dans un ordre fixe. Mais dès que trois batteurs successifs sont éliminés, c’est au tour de l’équipe des défenseurs d’attaquer. Les rôles sont alors inversés.

Chaque joueur conserve son poste : le lanceur reste lanceur, le receveur reste receveur. Mais tous passent à la batte, à tour de rôle, quand leur équipe est en phase d’attaque.

Le baseball est 90 % mental. L'autre moitié est physique.

Yogi Berra, ancien joueur de l'équipe des Yankees

Le duel entre le lanceur et le batteur est un moment clé de chaque match, où stratégie, habileté et psychologie se rencontrent. La conception du monticule sur lequel est positionné le premier joue également un rôle crucial dans ce face-à-face, influençant le déroulement du jeu et offrant des moments de tension inoubliables aux spectateurs.

Le lanceur est la clé de voûte de toute équipe de baseball de haut niveau. C’est sa capacité à surprendre et éliminer les batteurs adverses qui permettra à son équipe de triompher. Le lanceur doit analyser chaque frappeur, choisir quels lancers utiliser en fonctions des qualités et défauts de son adversaire.

La tactique du tic-tac

Un match se joue en neuf manches, chacune composée de deux phases : une où une équipe attaque, une où elle défend. Si les équipes sont à égalité à la fin (on compte le nombre de points marqués et non le nombre de manches remportées), on continue avec des manches supplémentaires jusqu’à ce que l’une prenne l’avantage.

Le baseball n’est pas un sport au chronomètre. Il avance au rythme des manches, dans une logique de cycle répété. Chaque équipe joue, attend, reprend. Encore et encore. Il n’y a pas de « temps officiel », juste des tours à compléter. Et parfois, ça n’en finit plus : certaines rencontres durent plus de quatre heures. Au cricket, ancêtre britannique du baseball, les matchs peuvent même s’étendre sur plusieurs jours. Comme une liturgie du temps suspendu.

Mais tout cela a un coût. Les lanceurs, véritables maîtres du tempo, subissent une pression physique extrême. Le bras, l’épaule, le souffle. Il leur faut parfois plusieurs jours de récupération après un seul match. Le joueur s’épuise, mais la boucle, elle, continue. 

Jeux de rôle pas drôles

Là-haut, parmi les nuages, où les aigles règnent en maîtres,
Joe a défoncé cette balle à l'en faire geindre et gémir.
Arrivant au trot, ses camarades tous s'esclaffent :
Joe DiMaggio a encore frappé.

"Joe DiMaggio Done it Again", Billy Bragg (1999) 

Le terrain s’appelle « le diamant » (ou losange), mais ce n'est qu'un cube matriciel en 2D, vu d'un certain angle, qu’on parcourt de pilier en pilier (base), toujours dans le sens contraire aux aiguilles d'une montre. Même quand on réussit son circuit (home run), on revient au point de départ, au marbre. En anglais, on dit « back to square one ». On a l'impression d'avancer, mais on est juste en train de valider ton tour de cage. 

Et pendant ce temps, la batte frappe, et le terrain use. La batte, c’est l’outil qu’on brandit. Symbole de puissance, de frappe, de décision. Mais à bien y regarder, elle a surtout été conçue pour frapper dans le cadre, pas pour en sortir. Elle rappelle le bâton utilisé pour les piñatas que l’on cogne à l’aveugle dans l’espoir de libérer des bonbons. Et dans les théâtres de Guignol, c’est toujours le même « méchant » qui prend les coups de matraque.

D'un tour à l'autre, les rôles s'inversent : un jour on lance, un jour on frappe. Toujours sur le même terrain matriciel. Terre battue. Scénarios rebattus. Panem et circenses. Du pain et des jeux. Une autre version des cases de l'échiquier. Toujours et encore, la Matrice altère, recycle, recombine... mais jamais ne crée. Elle a besoin de nous pour ça.

Pour parodier Téléphone, je dirais qu'on joue sa vie comme on joue au baseball. On gagne, on perd, mais toujours on espère pouvoir remporter une petite manche. Parfois, on se retrouve du côté du manche et on doit le jeter après la cognée. D'autres fois, on perd des manches et on y laisse sa chemise. On peut même finir manchot. Oups !

Bâts et débats

Les révolutions, c'est quand les battes de base-ball et les clubs de golf changent de main. Les dates exactes et les litres de sang sont des querelles d'historiens.

Anonyme

Dans le monde du sport comme dans celui du Démiurge, il y a cette notion fondamentale de frappe qui revient en boucle  : on bat la balle, on bat le pavé, on bat des records. On tape du pied, on frappe des mains, on bat la mesure… de la démesure.

On donne et reçoit beaucoup de coups aussi : coup de gueule, coup de foudre, coup de colère, coup de sonnette, coup de minuit, d'un coup, pour le coup, tout à coup... La violence (et la souffrance qu'elle engendre, génératrice de loosh) apparaît comme un pilier fondamental dans ce monde de prédation. Même la fête bat son plein, comme si la joie devait, elle aussi, passer sous les fourches rythmiques d’un système bien huilé. Et quand ça devient trop évident, on rebat les cartes. Mais le jeu reste le même.

Toutes les cartes sont marquées,
Tous les destins vont se télescoper.

"Where Were You Hiding When the Storm Broke?", The Alarm (1983)

C’est que le langage sait, même si on ne l’écoute plus. On nous rebat les oreilles, on nous fait parcourir les sentiers battus et pendant ce temps, on porte le bât… là où il blesse.

Car il y a toujours quelque chose à supporter. Un poids, une règle, un cycle. Un terrain à gagner, une base à atteindre. Encore. Et encore. 

Et quand on croit avoir marqué un point… la boucle recommence.

© La Pensine Mutine. Tous droits réservés. Reproduction interdite.

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Bienvenue au cirque !

Le cirque, c'est un reflet de la société avec ses trois personnages principaux : le clown blanc, Auguste et Monsieur Loyal, soit le président, le peuple et la police.

Alexis Grüss

Boule de cristal, boules de gomme, bille de clown… ces défis mensuels vont finir pas me la faire perdre, la boule ! Nouvelle escale dans l'univers des forains donc, avec un 3 de carreau qui nous met en garde contre les distractions qui nous éloignent de nos objectifs. Ces petits riens qui détournent l'attention et finissent par rendre notre existence chaotique. Il est même à noter que certaines écoles anciennes de cartomancie retiraient cette carte maudite du jeu afin d'éviter d'introduire « un élément de tromperie dans les tirages ». D'aucuns lui donnent néanmoins une tout autre signification : celle du silence. « Dans un monde saturé de bruit en permanence dont nous voulons toujours extraire le maximum de sens et d'expérience, il est parfois utile de se mettre en retrait et de ne rien dire. »

C'est quoi ce cirque ?

Du latin circus, dérivé du grec kirkos signifiant « cercle », le cirque tiendrait ses origines des jeux organisés en Grèce par Circé en l'honneur de son père Hélios, le dieu Soleil, avant d'être popularisés par les Romains. Au Moyen-Âge, les arènes étant tombées en désuétude, les artistes itinérants, les dresseurs d'animaux et les forains se déplacèrent de villes en villes, à travers toute l'Europe, pour évoluer vers le cirque que nous connaissons aujourd'hui.

Mais de quel cirque parlons-nous au juste? Celui des acrobates, funambules, jongleurs, écuyers, dompteurs de fauves, clowns et autres prestidigitateurs ? Ou bien du show médiatico-politique qui tourne en boucle sur toutes les chaînes et qui nous les brise sans jamais les rompre ? Bah, c'est kif-kif bourricot. 

Des slogans, des peintures de guerre
Mais quel grand carnaval
Un monde parfait
Regarde ce monde
C'est un grand carnaval

"Un Grand Carnaval", Indochine (1987)

Quid des numéros de haute voltige des magiciens de la finance qui jonglent avec les chiffres, des écuyers peu cavaliers, des dompteurs de foule ou cracheurs de feu mouillés comme jamais, tous au service de la femme à barbe et de son Monsieur Déloyal, en déséquilibre sur la corde raide, la queue-de-pie entre les jambes et le gibus au plus bas de sa forme ? Quid des clowns de plateau, la gueule enfarinée et le pif en DEFCON 2 après le rail de trop qui fait exploser la mule ? La faute à qui si tout part en sucette ?

Pas mon cirque, pas mes singes

Quel est donc ce cirque matriciel ? Un chaos organisé qui fournit une distraction permanente, empêchant l'homme de se recentrer sur son esprit ? Une illusion orchestrée dans le but de maintenir les consciences endormies dans une fausse réalité ? Ou bien un théâtre de manipulation dont les acteurs (politiques, médias, spiritualités, etc.) jouent un rôle destiné à canaliser l'énergie des individus vers des schémas préétablis ?

Personnellement, depuis ma plus tendre enfance, j'ai toujours détesté le cirque sans trop savoir pourquoi. Raison qui m'apparaît évidente aujourd'hui.

Le cirque est un spectacle répétitif, un cycle sans fin, où les mêmes actes se reproduisent sous des formes variées, mais avec une structure identique. Cela rejoint la nature cyclique de la matrice, où l’illusion du changement est entretenue, alors qu’en réalité, les âmes sont enfermées dans un programme récurrent avec une histoire qui se répète sans cesse.

Le chapiteau est un espace fermé, décoré pour donner l'illusion de grandeur mais, en réalité, limité. Une bulle coupée du réel, comme la Matrice qui empêche de voir les circuits universels. Un monde artificiel qui distrait et évite de chercher au-delà. Un décor éphémère qui semble réel tant qu'on s'y trouve mais qui disparaît lorsqu'on en sort (à l'image de la reconnexion à l'esprit qui fait effondrer les illusions).

Sous les yeux des masses endormies, âmes passives acceptant ce qui leur est présenté sans chercher à en comprendre la nature véritable et applaudissant ou huant au bon gré du maître de piste, jongleurs, acrobates et funambules tentent de conserver leur équilibre sur le fil extrêmement ténu entre influx électriques de l'Esprit et magnitudes astrales, risquant à tout moment de basculer dans les filets de récupération de la matrice. Ceux-là ne se laissent plus déconcentrer par les huées ou les applaudissements, les roulements de tambour et les projecteurs. Ils savent virevolter d'une piste de réalité à l'autre, tels des virtuoses du DJing.

Les dompteurs archontiques contrôlent les âmes incarnées par des méthodes coercitives (peur, récompense/punition, dressage répétitif) et ces dernières obéissent sans comprendre le véritable but de leur conditionnement. Après leur numéro (incarnation), elles retournent dans leur cage astrale (mort) jusqu'à la prochaine représentation en une boucle sans fin.

Engoncé dans son costume aux couleurs maçonniques et son haut-de-forme de chapelier fou (ou de prestidigitateur), c'est toujours le maître de piste, le directeur du cirque, Monsieur Loyal qui organise le spectacle, fixe les règles en coulisses et impose les rôles. Le démiurge correspond parfaitement à cette figure manipulatrice qui gère la Matrice mais ne se manifeste que sous des formes indirectes (religions, figures messianiques, lois karmiques). En anglais, on l'appelle aussi Ringmaster, à rapprocher sémantiquement du Seigneur des Anneaux.

Envoyez les clowns

Et les clowns ? À l'instar des avatars humains pilotés par les entités de l'astral, ils sont là pour divertir mais derrière le rire se cache souvent une profonde tristesse. Ridiculisés, ils portent des masques (sociaux) et exécutent des rôles absurdes sans comprendre le pourquoi de leur condition.

Mon maquillage a séché et s'accroche à mon menton
Je noie mon chagrin dans le whisky et le gin
Le fouet du dompteur de fauves a cessé de claquer
Les lions ne veulent plus se battre et les tigres refusent de rugir
Allons boire à la mort d'un clown
Y a-t-il donc personne pour m'aider à briser cette couronne ?

"Death of a Clown", The Kinks (1967)

Les premiers clowns documentés remonteraient à l'Egypte ancienne et également à la Grèce et à la Rome antiques avant leur évolution en bouffons de l'époque médiévale. Personnage burlesque à l'origine, l'archétype du clown a peu à peu vu son image détournée : tout d'abord en clown triste (très proche du nostalgique Pierrot lunaire) puis en clown maléfique, engendrant la coultrophobie.

Bien que de nombreuses théories tendent à vouloir démontrer que cette peur des clowns serait directement liée au maquillage de leur visage, d'aucuns soulignent les similitudes existantes entre l'apparition de clowns et les représentations culturelles des démons. En outre, Steven Schlozman, psychiatre de la prestigieuse école de médecine de Harvard, explique comment le bouffon médiéval pourrait alimenter cette vision moderne du clown effrayant : « Les clowns au Moyen Âge, s'ils ne faisaient pas rire le roi, en payaient un prix assez élevé. Beaucoup de bouffons ont été mutilés pour les faire sourire en permanence. » (source)

Dans la matrice démiurgique qui fonctionne toujours par inversion et faux-semblants, le clown incarne cette dualité apparente : il est censé faire rire et divertir mais cache une nature à la fois sombre et inquiétante. 

Les clowns maléfiques les plus connus sont certainement Grippe-Sou de Stephen King (Ça) ; Ronald McDonald, mascotte des restaurants McDonald's ; et le méchant Joker de Batman. Ces trois figures incarnent différents aspects de la corruption matricielle.

Ainsi, à l'instar des archontes, Grippe-Sou, une entité métamorphe qui vit tapi dans les profondeurs et se nourrit de la peur des enfants, est l'archétype même du prédateur astral. Il se cache derrière une apparence inoffensive et ludique, piégeant ses victimes dans des illusions avant de les consommer.

À l'inverse, Ronald McDonald n'effraie pas directement mais conditionne à s'autodétruire en associant une nourriture toxique au plaisir et au jeu, créant un lien affectif dès l'enfance qui rendra ainsi l'addiction alimentaire d'autant plus forte à l'âge adulte. Il est lié aux clowns de foire qui symbolisent l'exploitation de l'innocence vers l'esclavage vibratoire (la malbouffe abaissant drastiquement les fréquences). Tout comme le démiurge, c'est une figure de faux bienfaiteur prétendant offrir du bonheur mais qui, en réalité, empoisonne.

Enfin, le plus complexe du trio, le Joker, s'en distingue en ce qu'il incarne l'agent du chaos matriciel. Il refuse l'ordre social et cherche à détruire la matrice ; il est incontrôlable et agit sans logique apparente. Il semble « éveillé » mais est encore piégé par la matrice. Il pense lui échapper en luttant contre le système mais reste un élément du spectacle. Il ne cherche pas la souveraineté mentale mais la destruction pure — une énergie recyclée par la matrice pour se maintenir en place, le chaos matriciel étant encore une illusion contrôlée qui empêche les individus de réellement s'éveiller.

Les autres caractéristiques importantes du Joker sont ses cicatrices, non sans rappeler les mutilations qu'on faisait subir aux bouffons du Moyen-Âge mais également aux enfants dans les rituels pédosataniques. Parmi les différentes raisons, l'intention de briser l'identité originelle ; l'inversion du sacré, le visage étant en connexion avec l'âme (la défiguration vise à effacer toute trace du divin) ; et l'exploitation de la souffrance et du trauma pour générer de l'énergie astrale et nourrir les entités.

En outre, il faut savoir que dans diverses traditions occultes, le masque (comme celui du clown) est considéré comme un outil de possession qui permettrait aux entités d'utiliser le corps comme réceptacle.

En résumé, le clown maléfique (ou démoniaque) est une figure matricielle puissante qui symbolise à la foi la dualité mensongère du système (joie/souffrance, illusion/réalité) ; la consommation énergétique de la peur (Grippe-Sou) ou de la chair (Ronald McDonald) ; le chaos programmé (comme le Joker qui détruit mais ne libère pas) ; et la corruption de l'enfance (rituels sataniques, manipulation psychique).

Ha ! ha ! fit le clown
Le roi aurait-il perdu sa couronne ?

"Ha! Ha! Said the Clown", Manfred Mann (1967)

Quand allons-nous rompre le cercle de feu et cesser de regarder, sans maudire, les fous rire à gorge dévoyée, d'un jaune hyène hystérique, des sombres facéties des bateleurs des hauts quartiers qui, eux, n'en font point ? Brisons la couronne du faux roi et reprenons possession de nos royaumes intérieurs. Ici et maintenant.

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La vie en rose éléphant

Sors-moi de cet endroit
Sors-moi de cette ville
Avant que je ne me noie
Dans les profondeurs
De ton eau de rose

"Pink Water", Indochine (2005)

À peine acquittée de ma première tâche que je dois déjà faire mes adieux à la foire du Trône pour rejoindre le pays de Candy et troquer ma boule à gogos contre des boules de gomme (rose éléphant). En cartomancie, le 2 de cœur attribué à ce mois de février est, bien entendu, associé à l'amour (astral) mais également aux apparences trompeuses.

Le rose glucose

Immanquablement, quand on évoque le rose, on pense d'abord à l'amour romantique idéalisé des fictions à l'eau de rose et aux visions édulcorées d'un positivisme exacerbé qui préfère regarder le monde au travers de « lunettes roses », comme disent les anglophones, plutôt que de l'affronter tel qu'il est réellement.

D'ailleurs, la couleur rose en anglais, qui se dit « pink », n'est pas issue de la fleur éponyme comme en français, mais du Dianthus, une plante de jardin de différentes couleurs dont certains pétales, « perforés » de points, évoqueraient de « petits yeux » (traduction du néerlandais pinck oogen) comme lorsqu'on les ferme à demi pour ne pas être ébloui. 

Malheureusement, tout n'est pas rose dans cette matrice. Parfois (souvent), ça pue tellement qu'on dit même que ça ne sent pas la rose. Et quand le lit de roses se fane, ne restent que les épines et les maux roses peuvent rapidement virer au morose voire à la névrose.

On dit alors que les choses « tournent au vinaigre » et on devient « aigri ». Il faut donc s'adoucir. Avec du sucre. Retourner à l'état d'hypnose (le sucre est hautement addictif) sur un petit nuage rose bonbon en barbe à papa (couleur du rêve en psychanalyse), avec les licornes, les anges, les fées et les éléphants roses.

Du moins dans notre culture occidentale car, en Inde, la mythologie hindoue associe le rose à Ganesh, le dieu à tête d'éléphant, symbole de sagesse et d'union entre le divin et l'humain.

Le rose succube

Dans cette matrice, il faut comprendre que l'optimisme excessif et l'idéalisation émotionnelle sont des outils de contrôle servant à manipuler les perceptions humaines et à maintenir l'âme dans un état de dissociation par rapport à la réalité brute de sa condition.

La vie est une rose dont chaque pétale est une illusion et chaque épine une réalité. 

Alfred de Musset

La « vie en rose » est donc un piège émotionnel qui pousse à rester dans une bulle de confort illusoire, empêchant les proies de percevoir la véritable nature de leur prison matricielle. Ainsi les bisounours roses refusent de voir la corruption, la manipulation et les dysfonctionnements du monde sous prétexte de vouloir « profiter de la vie ». Et ce faisant, se retrouvent en état de dépendance affective et de soumission émotionnelle dont se nourrissent les forces archontiques qui régissent cette matrice.

Car contrairement à une idée faussement répandue, le loosh — un terme popularisé par Robert Monroe, pionnier de la recherche sur les expériences hors du corps, qui fait référence à une énergie subtile générée par les humains à travers leurs émotions et leurs réactions face aux événements de la vie — n'est pas limité aux émotions négatives. Toutes les émotions polarisées (positives ou négatives) peuvent être exploitées, pourvu qu'elles soient intenses et génèrent une réaction forte. Bien que les Archontes soient souvent associés aux émotions négatives, ce sont avant tout des parasites énergétiques opportunistes. Leur objectif est de maintenir l'être humain piégé dans la matrice émotionnelle où il génère sans cesse des émotions polarisées, qu'elles soient de joie intense ou de douleur profonde.

Ainsi l'extase amoureuse, la béatitude naïve, l'euphorie artificielle, l'adoration aveugle sont également des sources d'énergie exploitable. Ce type de loosh est même particulièrement prisé, car les humains sont plus productifs lorsqu'ils sont motivés par des émotions positives, et nourrissent ainsi la matrice sans remettre en question leur conditionnement.

Le piège est dans la polarisation. Les Archontes se nourrissent de toute émotion polarisée, qu'elle soit positive ou négative. Le véritable antidote est donc de parvenir à un état de neutralité émotionnelle consciente.

Les Archontes ne peuvent pas se nourrir de l'amour souverain ou de la joie intérieure calme, car ces états d'équilibre énergétique ne génèrent pas de loosh exploitable.

Plutôt que de voir la vie en glucide, il est préférable de voir la vie en lucide, en adoptant un regard neutre et équilibré, sans tomber dans les illusions de la matrice.

La rose des gens

Mais la couleur rose est également chargée d'un symbolisme spécifique qui a été largement détourné pour en limiter la portée et la réduire à un symbole de superficialité et de fragilité docile. En effet, selon certaines traditions ésotériques, l'âme serait entourée d'un champ énergétique rose qui agirait comme une protection vibratoire contre les intrusions archontiques.

Tout le monde sait
Que ce que sème mon amour
Détruit les roses

"Kills the Roses", Something Happens (1990)

En outre, sur le plan alchimique, la fleur éponyme dont elle tire son nom, représente non pas une vision naïve de la réalité mais le processus de dévoilement des vérités cachées.

Si j'ose dire même, la rose est un symbole central et universel qui traverse de nombreuses cultures et courants spirituels (alchimie, mysticisme chrétien, gnosticisme, etc.). Son symbolisme est complexe et rattaché à plusieurs notions profondes telles que la représentation de l'âme ; de la souveraineté (où l'âme doit déjouer les illusions imposées par l'Adonaï, l'intelligence artificielle de la matrice, et les archontes pour recouvrer sa liberté originelle) ; et comme gardienne du secret du noyau d'information pur et non altéré de l'âme, là où la matrice archontique pousse justement les humains à chercher des réponses à l'extérieur plutôt qu'à l'intérieur.

En résumé, la rose pourrait représenter l'accès aux données neutres de l'âme, situées hors matrice et hors d'atteinte des forces archontiques. Le fameux pot aux roses dans lequel on a planqué le passe-partout qui ouvre toutes les serrures même les plus inviolables.

Alors, c'est quand qu'on arrête de se conter fleurette, qu'on envoie toute cette bande d'illuminés aveugles sur les roses, et qu'on s'évade enfin de cette geôle ?

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L'esprit de Noel pour les nuls

J'espère que cette nouvelle adaptation podcast d'un de mes articles  de 2017 vous amusera autant que j'ai eu de plaisir à la réaliser (avec un caméo de Rudy d'ADNM/DéQodeurs qui m'a fait l'honneur de participer). Et si vous aimez, n'hésitez pas à commenter ou liker cette vidéo sur n'importe laquelle de mes chaînes (YouTube, Odysee, Crowdbunker ou Spotify). 

Joyeux Noël à tous !

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Le temps des citrouilles

Voici venu le temps des citrouilles
Disposées derrière d'éphémères vitrines.
Voici venu le temps des gargouilles,
Au diable démons et morts-vivants d'Halloween.

Moi, je m'enfuis loin de cette folie
Qui nous envahit.
Je ne me fie plus à rien ni au mal ni au bien,
Car ici-bas,
Nul ne sera mon roi.

Toi, infini
Dans l'oubli,
Mon esprit et l'écho de ma vie,
Tu seras,
Tu seras ma voie.

Toi, tu éclaireras
Chacun de mes pas
Hors de cette matrice illusoire et prédatrice.
Tu seras
Mon arme de choix.


NOTE : Toute ressemblance même lointaine avec les paroles de "Echo Ruby" d'Indochine est purement intentionnelle.

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